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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 11:12

LES IMPRESSIONS DU CHAMPION D’AFRIQUE 2010,

LE GMI CAMEROUNAIS, JEAN-MARC NDJOFANG

 

Suite à mon second sacre continental au 14ème CHAMPIONNAT D`AFRIQUE INDIVIDUEL DE JEU DE DAMES qui s`est tenu à l`hôtel LES COLONNES DE BAMAKO - (République du Mali) du 11 au 26 juin 2010, c`est un sentiment de joie et de fierté qui m`anime en ce moment.

 

En effet, ce soulagement doublé d`une grande joie et d`une profonde fierté s`explique par plusieurs raisons: à savoir QUE:

1- Ce 14ème championnat d`Afrique de BAMAKO aura battu le double record du nombre de joueurs et de pays participants. 22 joueurs présents qui ont représenté 9 pays africains. C`est bien une grande 1ère qui donne encore plus de crédit et d`envergure à un tournoi continental qui compte désormais sur l`échiquier damique africain et mondial.

 

2 - Le système d`une 1ère phase qualificative et d`une seconde phase éliminatoire aura permis d`assurer une compétition propre, objective et âprement disputée, car l`éthique sportive aura prévalu tout long des joutes sportives. Tout en regrettant l`absence du CHAMPION d`Afrique sortant 2008 ! (pour des raisons personnelles) le quintuple vainqueur et détenteur du titre africain, qu`on ne présente d`ailleurs plus ! j`ai nommé le Grand maître international sénégalais MACODOU NDIAYE, classé 3ème au Championnat du monde individuel de la HAYE (Pays-Bas) en 1994 et 4ème 4 ans plus tôt au mondial de GRONINGEN (Pays-Bas). Performances qui demeurent à nos jours les meilleures de joueurs africains après celles du légendaire BABA SY ! Sur la scène internationale, cette compétition à mon humble avis, a été d`un bon niveau technique et relevée par la qualité et la force des joueurs participants.

Elle restera comme l`un des championnats d`AFRIQUE les plus
palpitants, riche en suspens, en émotions et en rebondissements de l`histoire du jeu de dames africain.

 

 3- Il ya eu des révélations qu`on connaissait déjà et qui ont juste confirmé tout le bien et les espoirs qu`on a placé en eux et qui constituent désormais l`avenir du jeu de dames africain, JOEL ATSÉ, SADIBOU DRAMÉ, MOUSSA ABDOULAYE JUNIOR, MOUSSA CAMARA. On soulignera également la demi-teinte de la prestation des GMI africains présents. J`en veux pour preuve que deux de ces GMI, tous deux anciens champions d`Afrique (BASSIROU BÂ ET KOUOGUEU LEOPOLD) sont restés sur le carreau du 1er tour.

 

Toujours est-il que comme chaque compétition d`une telle envergure et à enjeux importants : à savoir le titre africain et la qualification pour le championnat du monde, ce championnat d`Afrique aura rempli toutes les attentes et  donné son verdict. Chacun peut faire sa propre lecture du bilan et des résultats.

 

Personnellement, ce 2ème titre africain revêt une importance particulière dans ma carrière internationale damique car il vient 10 ans après mon 1er sacre à YAOUNDÉ, en 2000. Preuve qu`il a fallu du temps pour que je réussisse à concrétiser tous les efforts, sacrifices et  la persévérance dans le travail acharné que j`abats depuis lors! En 2000, j'étais en tout début de carrière, j`étais insouciant. Je n`ai connu ni la pression ni le poids de l`enjeu d`une telle compétition, contrairement à des joueurs chevronnés et ambitieux tels que LE GMI ET DOYEN DES JOUEURS africains encore actifs, BASSIROU BÂ ou de l`expérimenté MI AMAN EUGENE et j`en passe... Eux venaient avec la ferme ambition de remporter le tournoi. Alors, j`ai eu en 2000, de la réussite et une sacré chance de faire d`un coup d`essai, un coup de maître.

 

En revanche, je place ce second sacre africain, sous le signe de la maturité et de l`expérience. Car j`ai enfin su tirer et rentabiliser les leçons des échecs des éditions précédentes ( 2003 à DAKAR, YAOUNDÉ 2006, BANJUL 2009) où je suis passé à côté du titre à la dernière ronde par excès de suffisance et par un manque de respect de mon adversaire ( le Gambien Sheikh Ndiaye).

J`ai surtout usé et mis à profit mon expérience internationale dans la gestion de la pression des enjeux tout au long de ce tournoi dans la mesure où il fallait d`abord faire la part des choses. Dans un 1er temps,  l`objectif du 1er tour ou de la 1ère phase était d`être dans le peloton de tête afin d`assurer sans forcer une place qualificative dans les 8 premiers, en ménageant ses forces pour le second tour. Elle était alors la plus déterminante puisque éliminatoire.et donc ici, l`ordre dans les 8 premiers importait peu. Sans remettre en cause bien sûr, la valeur intrinsèque, ni dévaloriser les 1ère places au classement de ATSE JOEL ET MOUSSA CAMARA ETC... Classement qui reflétait bien la force réelle des forces en présence.

 

Pour gagner un tel tournoi aussi relevé et plein de surprises et de chamboulements, il a fallu prendre en compte plein de paramètres dont certains sont mêmes extra-sportifs.

 

Pour terminer mon propos quant à ma victoire finale, je tiens à parler particulièrement de ma finale contre MOR SECK, qui à mon humble avis aura fait le meilleur parcours et aura eu la meilleure prestation du tournoi. Je m`explique: malgré la défaite qu`il a concédé contre EUGENE AMAN, il ne s`est jamais découragé et il a su revenir dans la compétition en faisant preuve de courage et de détermination pour figurer parmi les qualifiés des 1/4 de finales grâce à un mental à toutes épreuves. Il est passé ensuite, tout près de l`élimination contre le jeune ATSE JOEL EN 1/4 de finale qui avait une fin de partie archi-gagnante dans le match d`appui de 15 min/joueur, mais ATSE a péché par manque d`expérience et de réalisme en perdant à la pendule. Comme quoi, la leçon des choses veut que malgré la force et les efforts qu`on peut fournir il faut toujours le coup de pouce de la chance pour y arriver.

 

Dois-je donc avouer par honnêteté intellectuelle que j`ai eu de la chance et beaucoup de réussite dans ma partie d`appui de 30 minutes/joueur en finale contre MOR SECK pour l`emporter ? Car il avait après mon coup forcé  36-31! une position supérieure et presque gagnante ! Mais on ne saurait en vouloir À  MOR SECK (qui était à sa 3ème participation au championnat d`AFRIQUE après YAOUNDÉ 2006 et BANJUL 2009 et à sa 1ère finale continentale) de n`avoir pas pu concrétiser son large avantage dans cette partie aussi complexe ? Nécessitant alors une analyse profonde et minutieuse alors qu`il lui restait à peine 2 minutes à sa pendule contre 1minute pour moi. Croyez-moi, car je sais mieux que quiconque de quoi je parle. En pareille circonstance, très peu de joueurs, même les plus aguerris gardent encore leur lucidité, car vous avez la double pression de la pendule qui  tourne sans arrêt et de l`enjeu qui vous hypnotise. A ce moment précis, la panique vous gagne et il faut bien pousser un pion. Cela s`est joué à ce détail près, pendant qu`il paniquait devant un fragment de jeu favorable en cherchant le coup fatal contre moi, j`ai su garder mon calme et rester concentré, car il est alors plus facile de défendre une position difficile comme la mienne, que de trouver le et les coup(s) juste(s) comme MOR SECK.

 

Si la  roue de la chance a cette fois-ci tourné en ma faveur, car malgré l’expérience,  on ne gagne pas toujours parce qu`on est le meilleur,  mais paradoxalement, le meilleur c`est aussi celui que la chance suit. En sport, pour gagner et réussir c’est comme dans la vie, quelquefois, il vous faut de la chance, de la baraqua. C`est cela qui m`est arrivé.

 

La leçon de cette victoire est qu`il est plus difficile de gagner un tournoi lorsqu`on a le statut de favori, car vous avez alors tout contre vous. La pression qui naît de la peur de ne pas assurer et d`être à la hauteur de vos attentes, celles de vos fans et du public etc. L`enjeu qui quelquefois vous rend moins lucide…

À la différence du joueur peu connu qui vient de nul part, ravi d`être là pour apprendre et découvrir, qui est insouciant, plus relaxe et renfermé. Car s`il perd, c`est normal, et s`il gagne c`est l`exploit... Ce fut mon cas en 2000, J’ai donc su souffler le chaud et le froid...

C`est donc grâce à mon sang-froid et à mon expérience dans la conduite des parties rapides ou semi-rapides qui m`auront permis de venir à bout de MOR SECK. A qui je tire un grand coup de chapeau pour l`ensemble de sa performance qui est remarquable, car il termine vice-champion d`Afrique, se qualifie pour le mondial 2011 et devient de facto GMI ! Qui dit mieux, en une seule compétition !

 

C`est enfin, le lieu et l`occasion pour moi, de remercier tous mes fans, supporters et personnes qui croient en moi, qui m`ont marqué leur sympathie et m`ont soutenu de près et de loin, tout au long de ce captivant, émouvant et éprouvant 14ème Championnat d`Afrique individuel. Il restera mémorable pour moi et dans les annales du damier africain, marquant ainsi mon second sacre continental africain.

 

 

Pour finir, Samedi 18 décembre 2010 est une date importante à retenir. En effet, ce jour là, je donne rendez-vous à tous dans la ville d’Emmeloord aux Pays-Bas, pour essayer d’établir  un nouveau record du monde de parties simultanées à la pendule sur 35 damiers contre 35 joueurs. L’actuel record du monde est détenu par le MF néerlandais Bennie Provoost contre 34 joueurs.

   

Jean-Marc Ndjofang, GMI camerounais.

 

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commentaires

guerbert Christian 31/07/2010 23:41



Le 18 decembre 2010 ,noté ,je vais faire mon possible pour venir t'encourager . Et te voir battre ce record .


Allez jean-marc . 



psel 07/07/2010 16:41



bravo GMI