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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 20:20

 

REACTION DE BEUGRE EDMOND ANTOINE

 

 

Championnat de 1ère division 2011

 

=> VU SUR LE FORUM FRANCAIS


 A la suite des différentes contributions sur le forum de la fédération française au sujet des impressions du champion de Côte d’ Ivoire  2011 publié sur le blog d’OSCAR  LOGNON, il m’est apparu nécessaire de me prononcer à nouveau.


Je voudrais d’entrée de jeu remercier tous les intervenants qui ont fait connaître leur opinion.je tiens à dire merci particulièrement à m. BIKINDOU ADELIN qui a suscité le débat  et dont les mots d’encouragement m’ont dopé. Je n’oublie pas m. PIERRE MONNET dont l’intervention me permet de mieux préciser ma pensée afin d’éclairer l’opinion (le monde du jeu de dames).


Concernant ce dernier, je voudrais le féliciter pour sa brillante étude comparée jeu de dames/ jeu d’échecs, preuve qu’il connait assez bien le milieu du jeu de dames.


En ce qui concerne ma présentation, son opinion à mon sujet me fait dire qu’autant il connait les joueurs européens et américains comme il l’a suffisamment démontré, autant il méconnait les joueurs africains  (en dehors des plus illustres tels que MAMINA N’DIAYE, DJEDJE KOUASSI, BASSIROU BA, NDIAGA SAMB, MACOUDOU NDIAYE, NDJOFANG JEAN MARC KOUEUGUEU LEOPOLD, NDONZI FLAUBERT) et partant le jeu de dames en Afrique.

Ce n’est pas de sa faute, cela incombe aux fédérations africaines qui ne se sont pas assez battu pour la promotion soutenue et régulière du jeu de dames et des damistes africains (publicité insuffisante, inexistence d’archives, absence de revue ou  bulletin regroupant l’ensemble des parties d’un tournoi donné, publication des parties et leur large diffusion)

De 1990 à 2000, ne parlons même pas des années antérieures, qui peuvent présenter  quelconque document.


En 2012, il est difficile voire quasiment impossible de lire les parties des championnats de GUINEE, MALI, BURKINA  FASO, voire même du  CAMEROUN  ou du SENEGAL  de 2010 et 2011, ni même d’avoir tout au moins  connaissance des différents classements, ce qui me révolte.


Ne peut-on pas trouver parmi les nombreux amateurs du jeu de dames dans ces pays des informaticiens pour combler ces lacunes ?

C’est pour « corriger » un tant soit peu cette « vision erronée, réductrice, simpliste »  desnon africains  que j’ai entrepris modestement de faire connaître les damistes  qui sont en Côte d’ Ivoire à travers mon travail de correspondant dans Le MONDE DAMISTE et dans la revue hollandaise HOOFDLIJN  sans oublier  ma collaboration avec LOGNON OSCAR.

Quelques tentatives (site de la fecadames, site de Drigone, etc.) visant le même but ont été amorcées avec des fortunes diverses. 


J’insiste, je persiste et je signe :

 Il y a de grands et bon joueurs en Afrique que le monde du jeu de dames  doit découvrir ou redécouvrir (s’agissant des ivoiriens, rendez-vous est pris pour mon livre à venir).

 

Avant de  «répondre » à PIERRE MONNET, j’aimerais faire connaître à l’opinion,  certaines de mes réflexions et prises de position sur bon nombre de points de la vie du jeu de dames.


1/          LE STATUT DU JEU DE DAMES EN AFRIQUE


Le jeu de dames qui est assez populaire, pratiqué partout  même dans les hameaux les plus reculés est paradoxalement mal connu car fort peu de gens savent qu’il est objet de compétition avec toute l’organisation  qui va avec.

L’expérience montre que la plus part des amateurs ne jouent pas dans un club, ne connaissent qu’imparfaitement les règles du jeu de dames.

Quand il existe des clubs, ils ne sont  aussi bien structurés qu’en Europe. En le faisant passer du stade de loisir à celui de sport par la création de fédération, les premiers dirigeants avaient gagné la première bataille dans la reconnaissance de notre discipline auprès des institutions étatiques.

Malgré cela et en dépit des efforts consentis pour la vulgarisation de la dimension compétition, le jeu de dames continue jusqu’à présent de souffrir de nombreux  préjugés défavorables et de certains faits qui  constituent des freins  à son rayonnement.

 Ce sont entres autres :

-     dans l’esprit de nombreux amateurs, le jeu de dames reste toujours un loisir.

-  dans la « hiérarchie » des fédérations sportives  « établie » par la tutelle, les  autres institutions et entreprises, le « rang »  du jeu de dames est le plus souvent dans le bas du « classement ».

Qualifié de « sport mineur », il fait l’objet de peu de considération dans les plates-formes de rencontre sportive et dans certaines cérémonies de récompense des sportifs.

Sa fédération partout en Afrique, éprouve d’énormes difficultés à obtenir le financement des compétitions internationales parl’Etat quand bien mêmes les sommes demandées sont « dérisoires »  comparativement à d’autres disciplines sportives.

- la mauvaise image dans l’opinion due aux préjugés négatifs à son sujet (jeu de retraité, de déscolarisé, d’oisif, de délinquant),

-  une pratique du jeu dans la rue aux abords des routes, devant l’atelier d’un coiffeur ou d’un vulgarisateur, à l’intérieur d’un marché etc. qui renforce ces préjugés,

-  trouver des sponsors est difficile pour cette discipline face à ces clichés,

- le refus des parents de voir leur enfant s’intéresser à la compétition, persuadés qu’ils sont que le jeu de dames perturbera  à coup sûr les études  leurs enfants voire les pousser à ne plus aller à l’école,

-   absence quasi-totale de bénédiction, de soutien moral à plus forte raison appui matériel et financier des parents à leur progéniture,

- les jeunes qui participent aux compétitions (à quelques exceptions près) le font sans le consentement des parents. Ceux-ci sont mis devant le fait accompli lorsque la presse parle de leurs résultats,

-   apprentissage tardif des amateurs (moi j’ai commencé à 16 ans en 1985),

- apprentissage sur le tas dans la rue, donc sans encadrement,

- primes  des compétitions non-incitatives, démotivantes

-   désintérêt  pour la compétition de nombreux jeunes joueurs au regard de la condition (statut dévalorisant)  des  champions.

 

2/          LE TALENT DES DAMISTES AFRICAINS


Malgré ces  nombreux  obstacles objectifs, l’Afrique a produit de grands  et bons joueurs connus que sont :

 BABA SY, MAMINA N’DIAYE, BASSIROU BA, DJEDJE KOUASSI,

MACOUDOU N‘DIAYE, NDJOFANG JEAN-MARC, KOUEUGUEU LEOPOLD,  ISSA TRAORE,  KOUAME KOFFI MAXIME, ZEBA HAMADOU, MEMEL MELESS,

HABIB KANE, NDONZI FLAUBERT etc.


Avant 1996, les joueurs camerounais nous étaient inconnus à l’exception de DIDIER ZOCK.il ya par exemple aussi de bons éléments au CONGO BRAZAVILLE.


Aujourd’hui, des noms ont éclos : les ivoiriens BLE LIDA MARCEL, ANO ADONIS et ATSE JOEL, le malien SADIBOU DRAME,  les guinéens LAYE CAMARA et  CAMARA JUNIOR etc...

Le talent « naturel » des joueurs africains est incontestable.


Il n’appartient qu’aux dirigeants africains des différentes fédérations et aux nombreux amoureux du jeu de dames de  se battre pour asseoir une organisation à la hauteur des grandes ambitions que nous nourrissons pour ce sport.

 

3/          LE PARI (JEU EN ARGENT) DANS LE JEU DE DAMES EN AFRIQUE

 

C’est  une réalité incontestable de la vie du jeu de dames en Afrique, singulièrement en Côted’Ivoire. Dans mes articles parus dans Le Monde  Damiste et dans la revue  HOOFDLIJN,  partout  où c’est marqué entrainement, il faut entendre pari.


Devant le niveau bas des primes allouées dans les compétitions et  pour des raisons professionnelles et scolaires, certains joueurs ne prennent pas part aux tournois ; mais il n’en demeure pas moins qu’ils ont souvent le même niveau que les meilleurs. Cet état de fait suscite après discussion, des défis entre  joueurs où l’argent est en jeu, ce qui donne des parties très engagées et d’un niveau élevé. Quelques éléments parmi eux, après s’être frottés à ces champions, se décident  beaucoup plus tard à prendre part aux compétitions de la fédération. Ce fut le cas par exemple d’Aman Eugène qui était bien fort (inconnu de tous) avant de devenir champion de Côte d’Ivoire en 1991.

 Pour la petite histoire  du pari en Côte d’ Ivoire, le résultat de ces combats est parfois ahurissant :

-    dans la période  1985 - 1988, Gadou  Abel Nicaise battait «  facilement »   Kouame Koffi maxime  et Issa Traore

-     dans la période  1990 – 2003, Feu BA Ahmed Madani  battait «  facilement »   Koné  Youssouf,  Aman Eugene et Issa Traore,  pour de nombreux joueurs il était en valeur intrinsèque le meilleur damiste ivoirien.

-    Fofana  Ladji   doit sa progression  (1989-1992) et son ascension dans l’élite champion 1992) à ses confrontations avec  ceux qu’il appelle  lui-même respectueusement ses « maîtres » : Aman  Eugene et  Zeba  Hamadou.  


Au-delà de l’argent à défendre, il y’a l’honneur du joueur face à la publicité faite autour du match ; ce qui nous a valu des chefs-d’œuvre (revoir mes articles ou  attendre mon livre prochain).   


En conclusion, cette pratique a révélé des talents, a permis à beaucoup de jeunes de prendre confiance en eux  face aux anciens. Cette réalité a tellement forgé les joueurs qu’ils peuvent affronter les autres sans tenir compte de leur grade.

 Dans le domaine du pari, nous pouvons ici (les sponsors individuels) miser sans crainte par exemple sur  HUO BI GOURI  AIME qui n’est jamais sorti DE Côte d’ Ivoire face au (GMI) NDJOFANG JEAN MARC, ou ANO ADONIS face au GMI N’DIAGA SAMB.

 

4/          LES GRADES DECERNES PAR LA FEDERATION MONDIALE  (FMJD)

Sur ce point, nonobstant les critères  qui président à leur octroi, j’ai le sentiment que le titre de Grand-Maitre International (GMI) est « facilement accessible»  depuis environ 7 ans.

De nombreux joueurs  sont  et je pèse mes mots, devenus  (GMI) grâce aux « voyages » et non à des performances  assez significatives (remarquables).  Ce sont donc des « GMI de voyage ».


L’on acquiert  des normes  parce qu’on  a participé à plusieurs tournois internationaux.  Ceux qui résident en Europe naturellement sont avantageux, car se déplaçant  aisément.

C’est pourquoi on assiste à une « floraison » de GMI  souvent  jeunes (physiologiquement et dans la pratique) bien que talentueux.

Un GMI doit faire « peur », « avoir des pions qui sont  lourds » et comme j’ai coutume de le dire,  quand on est ceinture noire au Karaté, il  faut frapper  régulièrement des ceintures noires pour mériter le respect dû à ce rang.

 

Quand je consulte le tableau des GMI en activité  (j’exclus la génération ancienne  des GANTWARG WIERSMA,ROB CLERC TCHIGOLIEV etc.) ,  je puis dire avec forte conviction et sans prétention aucune qu’en dehors des GMI « poids lourds »  tels que TJIZOV ,SCHWARZMAN ,GEORGIEV, BAL JAKIN, VIRNY,PODOLSKI, VALNERIS, NDJOFANG ,KOUEUGUEU ,N’DIAGA  SAMB,MACOUDOU  qui imposent un grand respect, que  dans l’hypothèse d’un pari  , «  j’affronte les yeux fermés »  tout autre GMI.

 

REPONSE   à   PIERRE MONNET


Quand  m. PIERRE MONNET dit qu’en raison de mon âge,  je ne peux prétendre qu’à rien d’autre qu’un grade de MI,  je lui rétorque qu’il ne me connait évidemment pas .Mais mieux, qu’en lisant mon article, il n’a pas su lire entre les lignes pour déceler lesnon-dits  (dans le jargon damiste, je dirais qu’il n’a pas pu calculer au 10è temps, ce qui reflète le niveau de la personne).


Quand par exemple en 1988 (3 ans après mes débuts dans les conditions évoqués plus haut), je suis champion, signe de grand talent) devant FEU BA Ahmed Madani qui  termine 3é au mondial junior de la même année, ne peut - on pas raisonnablement penser que j’aurais pu occuper un meilleur rang  si j’avais pris part à ce tournoi?

Dans les années où je n’étais pas dans le trio de tête en Côte d’Ivoire, j’ai plusieurs fois  gagné en compétition et de manière convaincante ceux qui étaient les meilleurs d’alors. C’est paradoxalement devant les joueurs moyens que je perdais souvent (sous-estimation certainement).


Dans ma carrière, j’ai aussi raté de nombreux gains (analytiquement prouvés) dus  à une mauvaise gestion de la pendule  (phase critique de temps). J’ai également laissé filer de nombreux gains  par un mauvais choix devant les multiples variantes  car ayant « trop d’avantage » ; je me souviens alors des paroles de TON SIJBRANDS «  il n’y a rien de plus difficile que de gagner une position gagnante ». En ce sens, je suis le « petit frère de VIRNY » (voir ses parties du mondial 1984 à DAKAR)   car je prends le plus souvent l’avantage sur mes adversaires.


Je l’invite à une relecture attentive de mes propos à la lumière des éléments nouveaux que je viens de livrer pour établir des analogies et comparaisons, envisager certaines hypothèses raisonnables.


En conclusion, considérant ma valeur intrinsèque reconnue et mise en évidence à travers mes parties d’un niveau élevé jouées dans ma carrière et mes analyses assez pointues  dans mes articles, il ne fait aucun doute que dans ma tête, je suis  « GMI » et non des moindres, titre qu’il me reste à  prendre lors d’une participation à un tournoi  en Europe. Ce qui est valable pour moi l’est également pour  beaucoup de joueurs ivoiriens.

 Rendez – vous est pris pour mon livre à paraître qui va étayer tout cela.

 

Salutations sportives et mes remerciements anticipés à ceux qui réagiront certainement à mes propos.les échanges ne feront qu’avancer le jeu de dames.

 

BEUGRE EDMOND ANTOINE.

 

 

 

 

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